La semaine dernière, nous avons invité quelques amis dans le verger histoire de leur faire vivre l’expérience d’une journée en pleine nature.

Ça faisait des semaines, voire des mois qu’on leur parlait de notre premier verger participatif à Bex et on s’est dit qu’il était temps qu’ils voient de quoi il s’agissait en vrai. Parce qu’on ne peut comprendre ce que veut dire se rapprocher de la nature si on n’y met pas les pieds.

En guise d’introduction, Urbain Girod – notre agriculteur-partenaire – nous a expliqué son travail. Il nous a notamment rappelé que les 900 arbres désormais plantés dans le verger devraient vivre 80 ans (contre une durée de vie de 15 ans pour les pommiers plantés en culture intensive).

Comme ils viennent d’être plantés, les pommiers sont encore petits. Au sein de La Fondation Opaline, on a d’ailleurs pris l’habitude d’appeler ce verger notre pouponnière à pommiers! ;-)

Urbain nous a confié que la question qu’on lui pose le plus souvent en arrivant sur le verger, c’est « Quand est-ce qu’il y aura des pommes? »

C’est vrai ça, pour le commun des mortels, un pommier est essentiellement là pour faire des pommes. On a tendance à oublier qu’il faut d’abord qu’il grandisse, qu’il se fortifie avant qu’il puisse donner des fruits. Que les beaux gros pommiers comme on avait l’habitude d’en voir auparavant sont aussi là pour permettre à certains oiseaux de nicher. Entre autres…

En effet, les 450 premiers pommiers ont été plantés au printemps de l’année dernière. En automne, lors de la fête de lancement de la fondation, il y avait quelques pommes par-ci par-là mais pas de quoi crouler sous des tonnes de fruits.

Les premières pommes du verger.

A ce moment-là, Urbain nous raconte qu’il ne pourra pas profiter de certains arbres.

« Je suis la troisième génération d’arboriculteurs dans ma famille et, certains arbres que je plante aujourd’hui, c’est ma fille – qui travaille avec moi – voire même mes petits-enfants qui les verront adultes, mais pas moi. »

Nous qui avons l’habitude de parler en terme de semaines, maximum de mois, vous auriez dû voir nos têtes quand Urbain comptait en générations!!!!!! Et de voir que, pour lui, cela était tout à fait normal.

Ne pas voir les fruits de notre travail, c’est ce qu’il faut être prêt à faire si nous voulons respecter le rythme de la nature et ne pas aller plus vite que la musique.

Accepter que ce sont peut-être les générations futures qui profiteront des graines que nous semons aujourd’hui. Et que certaines graines que nous plantons ne germeront peut-être même jamais. Accepter qu’on ne fait pas les choses pour en profiter à titre personnel mais pour que d’autres en profitent. Un bel éloge de la lenteur…

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