Nichoirs et pierriers à hermines

La grande prairie fleurie a été semée dans le verger. Les insectes, papillons, criquets et autres sauterelles reviendront progressivement dans cet espace. Il est donc temps de penser aux oiseaux. En effet, cela ne sert à rien d’essayer de faire revenir des oiseaux s’ils ne trouvent rien à manger! Chaque chose en son temps…

On reconstitue d’abord la flore, ce qui fait revenir notamment les insectes. Puis on tente de faire revenir les oiseaux une fois qu’ils pourront trouver de quoi se nourrir.

En arrivant sur le terrain ce jour-là, 22 tonnes de pierres nous attendaient. Des pierres venues des Carrières d’Arvel, à Villeneuve. On reste local jusqu’au bout!

22 tonnes de pierres pour créer deux pierriers à hermines

22 tonnes de pierres pour créer deux pierriers à hermines.

Des pierriers pour les hermines

Ces pierres vont nous servir à créer deux pierriers pour offrir des refuges aux hermines. Pourquoi? Parce que les hermines sont des prédateurs naturels des campagnols qui adorent se nourrir des racines des arbres, notamment des pommiers. Et comme il y en a désormais 900 dans le verger, ils ont de quoi se régaler.

Les hermines aiment se cacher. Elles adorent les structures naturelles comme des tas de pierres ou de branches: c’est là qu’elles peuvent élever leur famille. On leur a donc confectionné un pierrier avec plusieurs « chambres », en prenant bien soin de laisser des espaces pour qu’elles puissent se faufiler d’un espace à l’autre. Pour plus de confort, on a placé des copeaux de bois dans chaque « pièce » puis on a recouvert le tout de tonnes de pierres.

Les chambres pour les hermines.

Tout au fond du pierrier, nous avons constitué des « chambres » avec des copeaux de bois.

Dans le deuxième pierrier, nous avons même intégré un nichoir qui, nous l’espérons, favorisera le retour de la huppe fasciée, une espèce emblématique des vergers.

Le nichoir pour la huppe fasciée est intégrée au pierrier.

Le nichoir pour la huppe fasciée est intégrée au pierrier.

Bien choisir les nichoirs

Chaque nichoir est conçu pour une espèce en particulier. Par exemple, les grosses espèces vont avoir besoin d’un nichoir avec des gros trous d’envol. Si de petites espèces investissent un tel nichoir, elles ne vont pas se sentir en sécurité, craignant l’intrusion d’un prédateur. Il leur faut donc un nichoir avec des petits trous d’envol.

A chaque espèce d'oiseaux son nichoir.

A chaque espèce d’oiseaux son nichoir.

La huppe fasciée, par exemple, a besoin d’un assez gros trou d’envol, comme les étourneaux d’ailleurs! Afin de favoriser le retour de la huppe en évitant une trop forte compétition des étourneaux, la Station ornithologique suisse pose aussi, depuis deux ans, des nichoirs en maçonnerie directement dans les murs en pierres ou des pierriers. « Les étourneaux n’aiment pas nicher au ras du sol, dans les murs en pierres sèches ou dans des pierres », explique l’ornithologue Jean-Nicolas Pradervand.

Avec les nichoirs que nous avons posé, nous espérons voir revenir:

  • des mésanges
  • des torcols
  • des rougequeues à front blanc
  • des huppes fasciées

A terme, nous espérons que les oiseaux nicheront directement dans les pommiers du verger mais, en attendant que ceux-ci soient suffisamment grands pour les accueillir, on donne un petit coup de pouce à la nature. Un coup de pouce digne d’un palace à en croire les dires de Jean-Nicolas: « On est dans du 4 ou 5 étoiles par rapport à ce que ces espèces d’oiseaux pourraient trouver dans la nature! » Nous espérons qu’ils apprécieront!

Ce qu’on a encore appris durant cette journée:

  • Le torcol est un petit pic mais il ne creuse pas ses cavités. Il squatte des niches déjà excavées par d’autres espèces.
  • Le torcol ne met rien dans son nichoir. Il amène juste des fourmis vu que c’est sa nourriture et, parfois, un tout petit peu de matériel. Les fourmis dont se nourrit le torcol ont elles aussi besoin de zones de sol nu, à végétation éparse.
  • Les mésanges, mangeuses de chenilles, vont faire un nid dans le nichoir. Puis, si on ne le retire pas, un deuxième, voire un troisième et un quatrième nid. Jusqu’à ce que le nichoir soit rempli. Il est donc important de le vider régulièrement en automne.
  • Le rougequeue à front blanc aime qu’il y ait de la végétation haute riches en insectes mais il a besoin de zones de sol nu où il peut aller repérer et chasser ses proies.
  • Le rougequeue à front blanc cherche des cavités où il y a de la lumière, mais à l’abri des prédateurs.

Un immense merci à Emmanuel Revaz et Jean-Nicolas Pradervand de la Station ornithologique suisse pour leur aide précieuse dans cette étape qui vise à favoriser la biodiversité dans notre premier verger participatif de Bex.

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *