Le déconfinement ou mon expérience de la consommation au-delà de la raison

LA VIE EN PLUS VERT: Le point de vue de Mélanie Blanc, du site La Vie en Plus Simple, sur un monde qui bouge

Hier, en ce premier jour de dé(semi)confinement, j’avoue, j’ai consommé beaucoup plus que de raison.

Initialement, j’avais juste prévu de sortir faire quelques pas histoire de m’aérer un peu. Puis, en chemin, je me suis dit que j’allais passer par le centre ville pour voir s’il y avait de l’animation vu que les magasins pouvaient à nouveau tous rouvrir. Par pure curiosité.

Puis je me suis surprise à acheter que des trucs dont je n’avais absolument pas besoin:

  • 5 litres de jus de pommes bio dans un petit magasin dans lequel je n’étais jamais rentrée alors que j’évite de ramener des boissons sucrées chez moi
  • des magazines dans un kiosque alors que je n’achète presque plus de magazines depuis des années. Je les lis à la bibliothèque ou quand quelqu’un m’en passe
  • un café à emporter dans un bistrot que j’adore alors que d’habitude j’aurais évité le café à emporter pour ne pas avoir à jeter la tasse en carton…
  • un bouquet de fleurs chez un petit fleuriste du coin alors que je n’achète jamais de fleurs

Moi qui ai une consommation utra-raisonnée depuis des années, tout a volé en éclats hier.

Ce n’était pas parce que j’avais envie de faire chauffer la carte de crédit. (D’ailleurs vu les achats que j’ai faits, je frisais pas la banqueroute! ;-) ) J’ai juste été prise d’une soudaine envie de marquer mon soutien.

Marquer mon soutien à cette boutique devant laquelle je passe souvent quand je vais me balader au bord du lac.

Marquer mon soutien à cette fleuriste qui est toujours là, même les jours fériés

Marquer mon soutien à ce kiosquier qui travaille déjà dans un secteur en péril

En gros, dire « merci » à ces gens qui animent ma ville et qui la rendent (sans même que je m’en sois rendue compte avant) agréable à vivre.

Ça m’a fait penser à cette ville française dans laquelle je m’étais arrêtée avec mon amoureux lors d’un périple dans le Sud il y a quelques années. La ville était plutôt jolie mais pratiquement TOUS les magasins étaient vides. Ils étaient tous fermés ce qui faisait que le centre ville était complètement mort. Et j’aime mieux vous dire que ça donnait tout sauf envie d’y vivre.

J’entends depuis longtemps qu’un acte d’achat, c’est comme un vote. Qu’acheter à tel endroit, c’est montrer le type de consommation qu’on défend. J’avais compris le principe intellectuellement mais je ne l’avais pas vraiment intégré. Ça n’avait pas atteint mes tripes.

Avant je consommais en adoptant un point de vue terriblement égoïste: j’ai besoin de telle chose et je l’achète dans tel endroit, parce que c’est pratique. (Et, quand j’y pense, les endroits « pratiques » sont rarement les petites boutiques. Parce qu’aller dans 1 grande surface, c’est quand même beaucoup plus pratique que chez un fromager puis chez un boucher puis dans une papeterie pour trouver une carte,…)

Hier, en me baladant, j’ai pour la première fois ressenti un sens de la communauté. Sens qui me passait un peu au-dessus de la tête avant. J’avoue… Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, non?!

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